Voyage de reconnaissance

 

Afin de mieux se rendre compte des besoins locaux, Emma et Louis sont allés en voyage de reconnaissance à Abomey-Calavi. Mathieu Djomede, le président de l’association Terre d’Espoir les as accueilli .

Retour sur cette folle aventure !

  • 28 juillet :

    Après leur accueil, Emma et Louis ont eu la chance de pouvoir assister à l’inauguration d’un des projets de l’association Terre d’Espoir dans un village de Ouédo. Le projet consistait à construire des toilettes à côté de l’école primaire du village, ce dernier n’étant équipé d’aucune toilette. Le chantier s’est fait en collaboration avec une équipe d’élèves ingénieurs de SupMeca et des jeunes d’Afrique Pleine d’Avenir (APA). Cela faisait deux semaines que les étudiants de Sup Méca étaient là pour construire ces latrines.

    Pour l’inauguration, tout le village s’était rassemblé autour de la nouvelle construction. Mathieu y a remercié toute l’équipe dans un discours rythmé par les chants des femmes du village, les percussions et les applaudissements. C’est l’occasion pour Emma et Louis de demander aux villageois leur avis sur le projet, sur ce qu’il va apporter au village. Ils ont pu d’ailleurs y déguster du Sodabi (un alcool fait à partir de sève de palmier, entre 45 et 70°).

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Inauguration des latrines
  • 31 juillet :

    Après quelques jours de visite de la ville, nos chers compères ont réunion au bureau Terre d’Espoir. Ils en apprennent un peu plus sur cette association composée quasiment que de bénévoles, seuls certains volontaires sont payés par l’état au même titre que le service civique français. Ils discutent du projet, des plans et du budget. Ils y découvrent tout un tas de détails pratiques auxquels nous n’avions pas pensé comme les coupures d’électricité fréquentes.

    A la fin de cette longue journée de travail, Mathieu les emmène avec lui lors de sa visite dans une école primaire qui bénéficiera des animations proposée par l’association Terre d’Espoir dans quelques temps.

  • 1er Août :

    C’est la fête nationale d’Indépendance. Cependant, après avoir profité de l’animation des rues quelques temps, nos amis discutent sérieusement du planning de mise en oeuvre du projet et des plans de construction.

  • 2 Août :

    C’est une matinée chargée qui attend Louis et Emma ! Après avoir lancer les animations dans l’école primaire, ils partent pour la mairie de l’arrondissement d’ Ouédo afin d’y rencontrer le chef d’arrondissement. Celui ci n’est pas présent ayant une obligation à la mairie d’Abomey Calavi. Mathieu les rassure, c’est assez fréquent que les politiques ne puissent pas se présenter aux rendez vous. C’est donc son secrétaire qui les reçoit, les remerciant de leur venue et discutant du projet. Il leur explique que son supérieur soutient vraiment le projet du centre. Il les laisse ensuite à un membre du comité d’arrondissement qui les accompagne sur le terrain où la construction aura lieu. Enfin ils retournent à l’école primaire l’après midi et prennent part à une animation sur l’environnement et le développement durable.

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Photographie devant l’école primaire
  • 3 août :

    Nos deux amis sont définitivement adoptés par les enfants et passent une journée entière à l’école avec eux.

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Emma et Louis interviennent dans une école primaire
  • 4 août :

    Quoi de mieux pour se réveiller que de passer sa matinée avec des enfants le sourire aux lèvres ? Néanmoins les obligations de nos deux compagnons les rattrapent vite et vers 11h30, ils partent accompagné toujours de Mathieu à la mairie d’Abomey Calavi pour y rencontrer l’adjoint du directeur de la section Politique des affaires sociales et des Loisirs. Il les remercie de leur venue et les félicite de leur initiative. Ils y rencontrent ensuite le chef du protocole du conseil communal qui lui aussi les remercie et soutient le projet. Rien de mieux pour nous revigorer et savoir que notre projet plaît et est utile !!

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Réunion avec le chef du conseil communal
  • 5 et 6 août :

    Après tant de dur labeur, il est tant pour nos deux ambassadeurs de profiter quelques peu du temps qu’il leur reste pour visiter la ville et finalement faire leur valise pour Paris.

Les informations techniques apprises

  • Le contexte du projet

    Le projet de cybercafé prendrait place dans l’arrondissement de Ouédo . Cette arrondissement est une zone enclavée d’Abomey Calavi, qui compte officiellement 30 000 personnes d’après le dernier recensement mais où la population réelle avoisine plutôt les 60 000 personnes. Il n’y a pas de bibliothèque à Abomey Calavi, et dans Ouédo , il n’y a aucun accès à l’information, aucun espace internet, aucun espace de loisir pour la jeunesse. Si certains jeunes peuvent avoir accès à Internet sur leurs portables, la plupart d’entre eux doivent se rentre dans le centre d’Abomey Calavi pour se rendre dans un cybercafé, ce qui est cher et très long car même si les distances sont relativement courtes (une vingtaine de km), les routes sont dans un très mauvais états, et les écoliers à qui on demande de faire des recherches ne peuvent pas s’y rendre à moto. Les jeunes qui partent à Calavi pour aller faire ces recherches partent pour longtemps, il n’y a donc pas de contrôle parental, et les risques d’accidents ne sont pas négligeables. De plus, dans un contexte où l’informatique devient de plus en plus essentiel dans le monde du travail, les jeunes ont besoin d’avoir une formation à l’informatique basique, qu’ils soient étudiants ou jeunes entrepreneurs.

  • La visée du projet

    Le projet consiste à construire un centre informatique à Ouédo qui offrirait un accès à Internet sous forme d’abonnement pour que le centre soit économiquement viable, avec un volontaire de l’association Terre d’espoir pour assurer les heures de permanence. Le centre disposerait d’une salle informatique à laquelle auraient accès les écoliers, les collégiens, les étudiants mais aussi n’importe quelle autre personne nécessitant une connexion internet. Il offrirait une formation basique à l’informatique à ceux qui le demande.
    La création de ce centre à une visée plus large qu’apporter une connexion internet à une population, ce centre pourrait être un point d’accueil pour la jeunesse, qui manque d’accompagnement. Aussi, le centre pourrait aider les jeunes dans leur orientation, proposer des formations, des animations, organiser des manifestations culturelles, etc. Les jeunes filles qui tombent enceintes tôt et qui doivent arrêter leurs études sont encore très nombreuses, un des objectifs du centre serait de sensibiliser les jeunes aux problèmes de sexualité et d’occuper une jeunesse qui s’ennuie.

  • Visite du terrain :

    Le terrain est la zone non défrichée délimité par la borne à la limite de la zone défrichée. Le terrain juxtaposé à ce terrain va servir à la construction d’une école. A 500m se trouve le collège, qui accueille les élèves de la 6ème jusqu’à la terminale. A moins d’un kilomètre, l’Etat a construit depuis peu des logements sociaux.

Le témoignage d’Emma

Rencontre avec les jeunes de Ouédo :

“Le matin même, une dizaine de personne ont été prévenues que nous allions venir pour présenter le projet du cybercafé. Près de 70 jeunes sont venus pour nous écouter. Les jeunes sont assis, Mathieu, Victor, le membre du CA, Louis et moi sommes assis face à eux. Mathieu leur expose le projet pour leur demander leurs impressions.

Les jeunes restent un temps silencieux, puis l’un d’entre eux prend la parole. Le jeune homme a l’air méfiant vis à vis du projet, il préside une association de jeunes de Ouédo . Mathieu nous expliquera plus tard que cette méfiance est justifiée : trop souvent des politiques viennent les voir pour leur parler de projets avant leur élections, et ces projets ne voient jamais le jour. Mathieu leur explique que l’association est apolitique, et que leurs actions pour la jeunesse ont déjà fait leur preuves auprès de la communauté, qui ne lui faisait pas forcément confiance au premier abord. Il cite le projet de salle de classe construites par l’association à seulement quelques km et le projet des latrines.
Le même jeune homme s’inquiète alors sur le fonctionnement du centre ; s’il reconnaît qu’un centre informatique serait un grand atout pour les jeunes de Ouédo , pour lui le prix actuel des connexions internet dans les cybercafé est trop élevé (environ 200 FCFA). Mathieu explique que pour que le centre soit économiquement viable, la connexion ne pourrait pas être gratuite, mais que le centre proposerait un système d’abonnement à l’année qui donnerait un accès de 2h par jour de connexion par exemple pour les adhérents, à un prix raisonnable. Les adhérents pourraient également bénéficier d’un prix réduit pour les autres activités proposées par le centre (une formation plus poussée à l’informatique par exemple).
Une fille se préoccupe de savoir si la construction fera intervenir des ouvriers de Ouédo ou si l’association ferait venir ses ouvriers. Mathieu précise qu’ils emploieraient des gens de Ouédo mais qu’ils devraient se soumettre au directeur de l’entreprise qu’ils vont charger de la construction.
Une autre fille demande si le cybercafé va juste bénéficier au village dans lequel nous sommes. Mathieu explique la localisation choisie pour le centre, à côté de l’école primaire et proche du collège et des logements sociaux, et que ce centre est destiné à tous les villages de Ouédo, suite à quoi tous les jeunes applaudissent.
Une autre jeune fille demande à ce que les femmes soient impliquées dans le centre dès le début, car les femmes ne sont pas assez impliquées dans la vie de la communauté. Un autre jeune fait remarquer que la plupart d’entre eux ne sont pas formés à l’informatique, et ne savent pas utiliser un ordinateur. Louis répond que nous formerons certains d’entre eux, et qu’eux mêmes en formeront d’autres pour que le centre puisse fonctionner de façon autonome.

Je ne me souviens pas de toutes les interventions, donc j’ai seulement cité les plus marquantes. Pour finir, je prends la parole et je remercie les jeunes de leur implication dans le projet, je leur promet aussi de transmettre à notre association, que je décris brièvement, leur motivation et leurs espoirs. Après une photo de groupe, le rassemblement prend fin.”

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Réunion avec les jeunes béninois
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Photo de groupe avec les jeunes ayant assistés à la réunion

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